Du pont National au pont du garigliano

Une traversée de Paris à la nage pour lutter contre la Choroïdérémie

la seine nage ravitaillement

En 1988, le maire de Paris, Jacques Chirac, propose de lancer une opération de dépollution de la Seine et promet d’être le premier à pouvoir s’y baigner en 1994. En 2006, il n’a toujours pas tenu sa promesse et avant lui je vais me lancer le challenge de traverser la capitale à la nage en simple maillot de bain dans la Seine le dimanche 10 septembre. Une randonnée aquatique pour une bonne cause ! Un défi exceptionnel au milieu des carpes, des rats et des anguilles au profit d’une association caritative qui lutte contre la Choroïdérémie, une maladie rare héréditaire qui cause une perte progressive de la vue due à une dégénérescence de la choroïde.
Quelques semaines avant je suis à jours de tous les vaccins nécessaires (hépatites A et B, typhoïde, leptospirose). Ensuite je vais être escorté par la Brigade fluviale dans une eau encore trop polluée pour être ouverte au public afin de tenter de relier à la nage le pont National (quai d’Ivry) à l’est au pont du Garigliano (quai d’Issy) à l’ouest de Paris soit 12km. Je compte ainsi rééditer une des grandes épreuves populaires de natation organisée par le journal « L’Auto » de 1905 à 1926, la « Grande Traversée de Paris à la nage ».

traversée de Paris à la nageA 7h32, 80 ans après la dernière traversée organisée par « L’Auto », je plonge sous le Pont National avec pour seuls accessoires un bonnet, des lunettes et un maillot de bain. La température de l’eau est de 18°C et le courant est très faible, voire nul par endroit. Sous la protection des « ange-gardiens » de la brigade fluviale, je commence ma « visite » de Paris à la nage en remontant la Seine par la rive droite. Je vais ainsi pouvoir admirer tous les monuments qui bordent la Seine. Je suis dérangé quelquefois par le passage de péniches qui créent quelques ondes gênantes. Il est huit heures, le long du parcours, joggeurs, touristes et badauds interloqués s’arrêtent…puis ils m’encouragent. Certains vont même me suivre en marchant. A chaque pont, mes fidèles supporters, Jean-Yves et Alexandra, sont présents, pour siffler et crier afin de m’accompagner dans l’effort. Ils seront d’ailleurs rejoints au fil de la Seine par des anciens nageurs de Montpellier exilés à Paris ainsi que par des adhérents de l’association France Choroïdérémie. C’est l’heure du ravitaillement, Clémence, sportive et ancienne gagnante de l’émission de téléréalité Koh-Lanta 2005 me tend ma boisson énergétique qu’elle me donnera par la suite toutes les demi-heures. Concentré, j’avale rapidement quelques gorgées et repars sous les regards interloqués de fêtards qui rentrent se coucher. Il y en a même qui bien éméchés commencent à se déshabiller pour me rejoindre ! La brigade fluviale ne leur en laisse pas le temps. Ils assurent ma sécurité et veille à ce qu’il n’y ait aucun incident. Ils sont formidables et d’un grand professionnalisme. Ils manœuvrent le bateau sans trop s’éloigner de moi et sans me gêner tout en gardant une trajectoire droite. Lors des passages des bateaux mouches, ils se mettent sur ma gauche pour casser les vagues. Je passe au pied de la tour Eiffel, l’instant est magique ! Les bénévoles de l’association ont installé un stand au pied de la tour afin de faire connaître la maladie et ils m’encouragent. Je repars de plus belle sous les yeux des touristes de plus en plus nombreux. Je nage à une vitesse de plus de 5 km/h. La fin du parcours est un peu moins prestigieuse…il y a moins de monuments à admirer. Après avoir passé les 25 ponts et passerelles du parcours, j’arrive enfin à hauteur du dernier pont parisien, celui du Garigliano. Je termine la traversée de la Seine en 2h 18’19’’. La presse nous a rejoint et m’interview. De retour au pied de la Tour Eiffel, je suis accueilli par le public, les adhérents de l’association et la presse. Je suis ravi, je viens de traverser entièrement la capitale en maillot et l’objectif de faire connaître l’association est rempli !