Sainte-Marguerite

La prison de l’homme au « masque de fer »Ste marguerite cannes

L’île Sainte-Marguerite est la plus grande des quatre îles de Lérins, en face de Cannes. Elle est séparée du continent par un détroit de 1 300 m peu profond. Le Fort royal de l’île Sainte-Marguerite, bâti par Richelieu puis par Vauban, servit de prison d’état. Son prisonnier le plus célèbre, de 1687 à 1698, fut  le fameux « Homme au masque de fer », dont l’identité n’a jamais été établie. Après la révocation de l’édit de Nantes, le fort de l’île de Sainte-Marguerite fut l’un des quatre lieux d’emprisonnement des huguenots… La prison d’État est supprimée après la Révolution et devient prison militaire. Le maréchal Achille Bazaine y sera détenu après sa défaite contre les Prusses en 1870. Âgé de 63 ans, il réussira en 1874, à s’en évader dans des conditions rocambolesques en descendant une muraille de 23 mètres à l’aide d’une corde puis se rendra en Italie à l’aide d’un bateau de pêche qui l’attendait. Il est le seul prisonnier à s’en être évadé ! Au début du XXe siècle, le fort perd toute activité carcérale. L’armée quitte le fort avant son classement au titre des monuments historiques. Il accueille désormais le Musée de la Mer présentant des collections d’archéologie sous-marine.

De l’île Sainte-Marguerite jusqu’à Cannes (1,3km)

ste marguerite cannes miniatureLe dimanche 12 octobre au matin, je me rends avec Ned Denison et Jean-Yves Faure à Cannes. Nous avons rendez-vous à la plage située à la pointe Croisette près du célèbre « Palm Beach » avec Jean-Christophe, un kayakiste de Seafirst qui va assurer notre sécurité lors de cette évasion à la nage entre l’île Sainte-Marguerite et Cannes. Nous avons pris l’initiative de faire cette traversée nous-mêmes, ce qui nous permet, une fois sur l’île Sainte-Marguerite, d’effectuer une visite touristique du fort Royal. Nous nous dirigeons sur la « plate-forme aux citernes » où nous avons une vue splendide sur Cannes et sa croisette. Ce magnifique décor donne vraiment envie de s’évader à la nage, c’est alors que nous fuyons par la porte Marine à l’ouest de la forteresse pour nous diriger vers une petite plage en contrebas des remparts. Le vent d’Est et le clapot annoncent une évasion qui ne va pas être de tout repos. Vers 11h, comme 3 fugitifs, nous débutons notre escapade en direction de Cannes. Pour la saison, la température de l’eau est agréable, plus de 22°C ! Dans ce détroit qui sépare l’île du continent, il y a peu de profondeur et l’eau claire me permet d’admirer la flore marine. J’observe des herbiers de posidonie, une espèce protégée en France depuis 1988. Elles tirent leur nom du Dieu grec de la mer Poséidon et constituent un élément clé dans l’équilibre de l’écosystème marin de la mer Méditerranée. En regardant bien, je découvre enfiché verticalement dans le sable au milieu de ces herbiers de Posidonie de nombreuses « grandes nacres », le plus grand mollusque bivalve de Méditerranée. Malgré la beauté du site, notre traversée n’est pas de tout repos, je suis gêné par le vent d’Est qui crée des vagues et m’empêche de respirer convenablement à droite. Je suis donc obligé de modifier ma respiration et j’en profite pour regarder plus souvent devant moi. Cela permet de voir où nous devons nous rendre et la trajectoire à prendre. Le point de repère pour en terminer avec notre fuite sont les bâtiments du « Palm- Beach », ce lieu de prestige depuis plus de 80 ans où se déroulaient de somptueux gala. Après une vingtaine de minutes de nage nous arrivons sur la plage de sable du Palm Beach, quelques petits rochers méritent une certaine prudence pour éviter de se faire mal. A la sortie de l’eau, nous sommes ravis de la traversée que nous venons d’effectuer et remercions chaleureusement Jean-Christophe qui nous a assuré notre sécurité lors de cette évasion.