Le tour de Manhattan à la nage

Un coup pour rien !!!

Manhattan Island swim

Samedi 9 juillet 2005 : Le parcours de cette épreuve de 45 km permet de faire une visite différente de New-York. Le rendez-vous est prévu à 7h30 à South Cove près de Battery Park au sud de Manhattan. Après m’être mis en maillot puis graisser je m’approche de l’eau afin de repérer le kayakiste et le bateau qui va m’accompagner lors de ce marathon. Quelle horreur ! ! ! On dirait que les égouts de la ville entière viennent juste de se déverser avant le départ. Des détritus de partout au milieu de méduses urticantes. Pas très engageant, mais pour permettre aux 25 nageurs de se mettre à l’eau, des kayaks s’approchent et éloignent tout ça à grand coups de pagaies. Je saute dans l’eau. La température est de 21°C et le temps est au beau fixe. Lorsque le départ est donné, je m’élance à la nage dans l’Hudson River en longeant les embarcadères à destination de la Statue de la Liberté. Je suis à la recherche du kayakiste et de mes accompagnateurs-supporters Alexandra et Thierry qui vont m’accompagner tout au long de ce périple. Quelle belle visite des rives de Manhattan en perspective ! Le courant m’entraîne tout au long de Battery Park jusqu’à l’East River devant une foule de curieux se demandant ce que l’on fait là … Je débute maintenant la Manhattan marathon swimremontée de l’East River. Après deux kilomètres de nage, je passe sous le fameux pont de Brooklyn. A cet instant, je reçois comme une décharge électrique. Je viens de me faire piquer par une méduse. Cela va me brûler pendant quelques minutes. Dès que la douleur s’atténue, une deuxième décharge. Je sens que je vais y avoir droit pendant tout le parcours. Si cela continue trop souvent je ne tiendrais pas le coup. Je continue sous le pont de Manhattan et celui de Williamsburg. A ce moment de la course, je me retrouve en tête. Je me situe à hauteur de la 23ème rue, quand soudain un hydravion amerri non loin de moi. Je me sens tout petit au milieu de cette rivière entourée de gratte-ciels qui sert de piste d’amerrissage. Devant moi, le bâtiment des Nations-Unies et l’île de Roosevelt. Je dois la laisser sur ma gauche et emprunter le chenal ouest. Je suis entraîné par un courant, qui va me faire nager à plus de 12km/h. Je vais même dépasser des joggeurs sur le bord de la rive. C’est génial ! A la sortie de ce chenal, ma vitesse va se réduire pour finalement atteindre la normale. A ma surprise et celle de mes accompagnateurs, je ne suis plus en tête. Que s’est-il passé ? ? ? Je ne le saurais jamais. Erreur de parcours de mon bateau sans doute. Contrarié, je vais remonter progressivement un par un tous les nageurs et me retrouver à l’entrée de la rivière d’Harlem et à hauteur du Yankee Stadium en 2ème position. Le nageur de tête se situe 50 mètres devant moi. Les eaux de la rivière sont calmes et le courant est nul. Je nage dans de l’eau douce et il n’y a donc plus de méduses. Pendant les 12km de ce parcours je vais en profiter pour doubler le premier et le distancer. Je suis mitraillé par les photographes présents sur le bateau de presse, rendant difficile l’approche de mon bateau pour me ravitailler. Après 5 heures de nage, j’arrive à hauteur de Spuyten Duyvil largement en tête avec 1000m d’avance et j’entre dans les eaux salées de la rivière Hudson pour la dernière ligne droite de 20km dans le courant… tout baigne pour moi à ce moment là. Devant moi le pont Georges Washington. Je vais de nouveau me refaire piquer par des méduses, mais cela ne fait rien, le plus dur vient d’être fait. Mes bras sont lourds, mais je sais qu’il ne me reste plus que 2h à 2h30 à nager dans le sens du courant. Alors que j’arrive sous le pont Georges Washington, mon bateau accompagnateur se met devant moi et me stoppe. Que se passe-t-il ? ? ? Alexandra m’informe qu’il y a une alerte météo et que tous les nageurs sont priés de monter sur leur bateau en attendant qu’elle passe. Je n’y comprends rien, je suis sous un soleil de plomb. Le juge sur le bateau pointe son doigt derrière moi, et là je m’aperçois que le ciel est très sombre et qu’effectivement il y a une tempête (les restes du cyclone Katrina en Louisiane). Je monte sur le bateau, confiant que l’on repartira lorsque ce sera fini. Malheureusement, il n’en est pas ainsi. L’organisateur de l’épreuve, avocat de profession, dès qu’il a l’assurance que tous les nageurs sont à bord de leur bateau, annule la course et demande le retour des bateaux. Là je rage, si j’avais connu ce dénouement, j’aurais continué car lors de mon arrêt j’étais encore sous le soleil. On va rentrer à toute vitesse vers South Cove et je vais finir mon tour de Manhattan … en bateau. Dix minutes après notre arrivée au port, un soleil de plomb va ressortir. La haine ! ! ! Au final, je serai « le nageur en tête de la course lorsque celle-ci a été annulée pour mauvaises conditions météorologiques »