Du Fort Boyard à la Rochelle

Deux forçats s’évadent pour la bonne cause

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Samedi 13 juin 2009 – Après ma traversée de Paris à la nage en 2006, je m’associe avec Cathy, ma collègue de nage pour faire parler de l’association France Choroïdérémie dans le Sud-ouest de la France. Direction le Pertuis d’Antioche et sa célèbre prison du Fort Boyard entouré par de très forts courants et connu de nos jours grâce au jeu télévisé. Ce fort a servi par le passé de prison pour les prisonniers politiques de la Commune avant d’être envoyé au bagne. Nous allons ainsi nous évader de ce fort à la nage en simple maillot de bain au milieu des courants pour rejoindre un autre monument emprunt d’histoire, le Phare du « Bout du Monde » à La Rochelle.
Le samedi matin nous avons rendez-vous avec les pilotes de bateaux à 10 heures à Fouras avant que la marée descendante nous cloue au port. Après une trentaine de minutes de navigation, les pilotes de bateaux jettent l’encre à hauteur du fort. La température de l’eau à cet endroit est de 17°C et notre inquiétude ne va pas être le froid mais plutôt les créatures gélatineuses qui flottent entre deux eaux. Trois variétés de méduses tournent autour de nos embarcations : des marrons, des violettes avec des longues tentacules et certaine de couleur encre bleu.
Fort boyard nageA midi, nous nous jetons à l’eau en maillot. C’est l’heure que nous nous sommes fixés pour nous évader du fort et profiter au mieux des courants. Les courants de marée doivent nous entraîner au large vers le Pertuis d’Antioche. Ensuite la marée montante doit nous ramener vers La Rochelle. Dès notre mise à l’eau, je m’éloigne assez rapidement du Fort et dès la première demi-heure je suis dans le prolongement de l’île d’Aix. Je fais les frais d’une première piqûre de méduse. Pas celles qui sont gélatineuses bleues, mais celles avec les tentacules.Je reçois comme un arc électrique et la douleur va durer une quinzaine de minutes avant de s’estomper. Il faut que je pense à autre chose pour faire abstraction de la douleur. Je nage à un rythme rapide, plus rapide que les prévisions. Ma vitesse de croisière est de 5.5km/h. Impossible de voir et d’éviter les autres méduses. Au cours de cette traversée, comme je suis qu’en maillot Le phare du bout du mondede bain, je vais être piqué à 4 reprises à des endroits différents. C’est très désagréable, mais l’envie d’aller au bout… « du monde » est plus forte. La trajectoire initiale qui prévoyait une courbe se transforme en une trajectoire directe vers La Rochelle. Je vais certainement nager moins que les 6 heures prévues. L’eau tant même à se réchauffer plus je m’éloigne du fort. Elle monte jusqu’à 21°C.Je me ravitaille toutes les 30mn pour compenser les pertes énergétiques. Après 2 heures de nage, je suis à plus de la moitié du parcours.La Rochelle est en vue et le pont qui va de l’île de Ré au continent est bien visible.Au ravitaillement des 2h30, Mon coach, Jean Yves m’informe qu’il voit bien le phare du « Bout du Monde » où se situe l’arrivée.
Après trois heures de nage, c’est la marée basse et le phare n’est pas loin de moi, j’arrive plus tôt que prévu et il me faut faire un large détour pour éviter les rochers qui viennent d’être découverts par la marée et le peu de profondeur.Je suis enfin dans le prolongement de la plage des Minimes, je refuse mon dernier ravitaillement. L’eau devient de plus en plus chaude et je vois au loin des taches jaunes et vertes des couleurs de France Choroïdérémie. Après 3h20 de nage, je pose les pieds dans le sable sous les applaudissements des baigneurs et les ovations de France Choroïdérémie. Je viens d’effectuer la traversée dans un temps record, un nageur avait déjà réalisé ce défi en 2000 et avait mis, en combinaison, 10 heures de plus. Cathy terminera en 3h40 avec le même accueil.


traversée à la nage FORT BOYARD–LA ROCHELLE par jpguillon