D’Argelès à Cerbère à la nage

Exploit solidaire et sportif

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Depuis 2006, avec mon amie Cathy passionnée de natation marathon, nous multiplions des actions solidaires aquatiques pour l’association France Choroïdérémie (maladie génétique qui entraîne la cécité). Notre nouveau défi en 2011 se situe en pays Catalan ou les reliefs bercés entre la mer et la montagne offrent un cadre idéal pour un tel exploit. Nous allons longer à la nage sur une vingtaine de kilomètres et dans une eau à 17C° toute la Côte Vermeille qui commence au Sud d’Argelès et se termine à la frontière espagnole.

Samedi 11 juin 2011 : C’est sans palmes ni-combinaison que nous nous mettons à l’eau depuis l’extrémité sud de la plage du Racou par une forte tramontane de force 4 à 5 mais sous le soleil ! C’est une mission à la force des bras qui nous attend et pour des raisons de sécurité, nous sommes assistés par des canoë-kayaks du « Central WindSurf » d’Argelès et nos coachs Jean-Yves et Thomas de France Choroïdérémie La cote Vermeille à la nagepour nous ravitailler en boissons énergétiques toutes les demi-heures. Tout au long du parcours de cette côte Vermeille et principalement à Collioure les membres de FC vont nous encourager. La mer est assez agitée (vague de 0,5 à 1 mètre) et lorsque j’arrive au niveau du Cap Béar, les premiers «maux de mer» se font sentir. J’ai de grosses difficultés à passer le phare du cap Béar. Les vagues et le vent m’entraînent vers les falaises et afin de pouvoir passer ce cap réputé difficile lors de forte tramontane, je dois fournir un effort conséquent pour le franchir. Je vais payer très cher cet effort avec des épaules qui deviennent hyper lourdes. Il me reste encore 10km à parcourir mais la motivation est plus forte. J’ai déjà été confronté à de plus rudes conditions et ce ne sont pas quelques maux de ventre et des douleurs aux bras qui vont me faire flancher. Sous les encouragements incessants de Jean-Yves, mon accompagnateur, je nage maintenant au milieu de la réserve naturelle de Cerbère-Banyuls. J’ai de plus en plus de mal à nager et malgré cela je me rapproche progressivement de la pointe du Cap Cerbère. Un bateau du club de plongée de Cerbère croise mon chemin et me fait une ovation. Cela fait du bien au moral. En point de repère je distingue le phare du cap Cerbère, c’est l’ultime phare français avant la frontière franco-espagnole. J’ai du mal à avaler mes derniers ravitaillements, mon organisme n’en veut plus et je vais en sauter quelques-uns. Le port de Cerbère et la plage où doit avoir lieu l’arrivée se situe dans une anse abritée. J’entends les encouragements de ma famille et des amis, cela me donne l’énergie nécessaire pour rejoindre péniblement la plage. Après 4h45 d’efforts, je suis épuisé et j’ai du mal à me mettre sur mes jambes pour être pris dans les bras de mes proches et des dirigeants de FC. Les conditions climatiques ont été éprouvantes. En attendant l’arrivée de Cathy, quelques curieux viennent me féliciter sur la plage. Elle terminera à son tour, toute aussi épuisée, au bout de 6h05 d’effort. Les commerçants de Cerbère ont tenu à témoigner leur admiration pour la cause et l’exploit en nous apportant des cadeaux souvenirs et en offrant une tournée à toute l’équipe.